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Amblyopie : le syndrome de l’œil paresseux

Amblyopie : le syndrome de l’œil paresseux

 

L’amblyopie est une affection assez fréquente. Traitée avant l’âge de deux ans, elle a toutes les chances de disparaître alors qu’après 6 ans, la récupération est très difficile. Souvent le praticien exige l’occlusion du bon œil pour forcer l’œil paresseux à travailler.

«Cela fait quelques mois que je remarque que mon fils de 3 ans a des problèmes de vue. Au début, je me disais que c’était uniquement des illusions, vu que je suis tout le temps inquiète pour lui. Mais comme c’est devenu fréquent et que je n’étais pas la seule à le remarquer, j’ai décidé de l’emmener chez l’ophtalmologue. Malheureusement, ce dernier a trouvé que mon petit ange a un œil paresseux», confie Hasna. Dès le jeune âge, la vision de certains enfants se voit affectée par le fonctionnement inadéquat d’un œil dit «paresseux», mieux connu par les médecins sous le nom de l’amblyopie. Il s’agit d’un défaut de développement de la vision durant l’enfance, touchant habituellement un œil.

Comme un œil voit moins bien que l’autre pour différentes raisons (strabisme, hypermétropie, cataracte congénitale…), le cerveau a tendance à donner la préférence aux images en provenance de l’autre œil. Résultat : l’œil touché travaille de moins en moins d’où l’appellation «d’œil paresseux». Cependant, cette expression reste un peu dénigrante puisque ni l’œil ni la personne affectée ne sont fainéants au point de déclencher ce problème. La première cause d’amblyopie est le strabisme, qui affecte près de 5% des enfants. En effet, le fait de loucher peut converger et s’associer à un problème d’hypermétropie, c’est-à-dire une gêne de la vision de près du fait d’un œil trop court. En cherchant à mettre au point l’image qu’il voit trouble, l’œil le plus gêné se met à converger, ce qui est finalement une bonne chose puisque ce symptôme a le mérite de donner l’alerte ! Une maladie oculaire, comme la cataracte ou toute autre cause empêchant de focaliser une image claire à l’intérieur de l’œil, peut causer l’amblyopie. Des facteurs héréditaires peuvent aussi entrer en ligne de compte.
Les symptômes

Concernant les symptômes, il peut n’y en avoir aucun. Il se peut que les parents ne puissent pas savoir si leur enfant a une amblyopie, car beaucoup d’enfants qui en sont atteints ont l’air tout à fait normaux et voient bien du bon œil. On peut cependant en relever quelques signes. Le plus facile à repérer en est le strabisme, ou encore un enfant qui ferme souvent un œil pour «mieux» voir. Jusqu’à quatre mois, un nourrisson peut loucher sans que cela veuille dire grand-chose puisque son système visio-moteur n’est pas mature. Au-delà de cet âge, s’il louche encore, il faut toujours demander un avis ophtalmologique, car la vision d’un œil est en jeu et il ne s’agit pas de passer à côté du diagnostic. Même ne souffrant pas de strabisme, mais présentant toutefois des troubles visuels sur un seul œil (l’œil amblyope), l’enfant a parfois tendance à fermer le «mauvais» œil ou encore, à tourner la tête toujours du même côté, pour regarder quelque chose qui l’intéresse.

Si cela se répète, un avis ophtalmologique est indispensable. De même, comme il ne voit pas en relief, il se cogne sans doute un peu plus souvent qu’un autre enfant du même âge. Cependant, ce critère est particulièrement difficile à apprécier tant il dépend aussi du caractère de l’enfant qui peut être maladroit. Plus rarement enfin, c’est la présence d’un reflet blanc dans la pupille qui alerte sur la présence d’une cataracte congénitale. Le pronostic visuel est nettement moins bon alors qu’avec les autres causes d’amblyopie, on peut espérer une récupération dans plus de 98% des cas, si la prise en charge débute avant l’âge de 2 ans. En effet, tout retard du diagnostic peut avoir des conséquences fâcheuses puisque traitée avant l’âge de deux ans, une amblyopie a toutes les chances de disparaître alors qu’après 6 ans, les chances de récupération sont infimes.
Le traitement

Pour soigner un œil paresseux, l’ophtalmologue doit d’abord découvrir pourquoi le cerveau élimine l’œil amblyope puis corriger l’anomalie. Il peut prescrire le port de lunettes pour corriger une vision brouillée ou aider à bien aligner les yeux ou encore exiger l’occlusion du bon œil pour forcer l’œil paresseux à travailler. Il est souvent nécessaire aussi de recourir à la chirurgie pour réaligner mécaniquement les yeux. À ce jour, aucun traitement ne semblerait pouvoir corriger cette paresse d’un œil chez l’adulte. Bon nombre d’optométristes estimaient que si l’on ne remédiait pas dès l’enfance à ce problème, l’œil garderait des séquelles irréversibles. Toutefois, une récente étude semble changer la donne. Des scientifiques se sont penchés sur les cas de 20 personnes souffrant de ce problème connu sous le nom d’amblyopie fonctionnelle. Chaque participant avait l’obligation de s’amuser à un jeu vidéo pour une durée de deux heures à la fois totalisant à la fin quarante heures. Cet exercice terminé, on nota une amélioration de 30% de leur acuité visuelle. L’initiateur de cette recherche se dit encouragé par les résultats obtenus. Toutefois, il ne faut pas en déduire que jouer aux jeux vidéo est suffisant pour traiter un œil paresseux. Cependant, l’étude est très limitée et les scientifiques ne précisent pas jusqu’où, ou pour combien de temps, l’acuité visuelle peut être améliorée. Cependant, il est intéressant de montrer que souffrir d’amblyopie ne doit pas nécessairement faire baisser les bras.

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Qu’est-ce qu’un œil paresseux ou l’amblyopie ?

Un œil paresseux ou amblyope est un œil qui n’a pas beaucoup exercé sa fonction à parts égales par rapport à l’autre œil.

Quelles sont les causes de cette pathologie ?

Le dysfonctionnement de l’œil ou son faible fonctionnement peut être lié à plusieurs raisons. Les causes les plus fréquentes sont la différence trop importante entre la longueur axiale d’un œil par rapport à l’autre qui peut provoquer une baisse d’acuité visuelle de l’œil qui est le plus atteint, ce qu’on appelle l’amblyopie réfractive. Et la deuxième raison est une opacité sur le trajet de différents éléments optiques d’un œil par rapport à l’autre qui peut également provoquer une amblyopie. Il existe aussi d’autres éléments déclencheurs de l’amblyopie comme une cataracte congénitale de différente intensité et une opacité de la cornée de différentes origines. Une pathologie de la rétine peut également provoquer une baisse d’acuité visuelle.

Comment peut-on détecter un œil paresseux chez l’enfant ?

Le premier signe de l’amblyopie est le strabisme d’un seul œil (un œil qui louche à droite ou à gauche principalement). Le deuxième signe que les parents peuvent remarquer et le reflet pupillaire qui peut être blanchâtre ou différent par rapport à l’autre œil. Dans certains cas d’amblyopie modérée, la baisse de la vision d’un seul côté est constatée lors de la scolarisation de l’enfant.

Est-ce grave ?

La gravité de l’amblyopie peut être différente en fonction de type de pathologie qui la cause. Par exemple, si un enfant a une myopie de -2.00 dioptries d’un côté et l’autre côté -5.00 dioptries, c’est moins grave pour la vision qu’une personne qui a -2.00 dioptries d’un côté et -15.00 dioptries de l’autre.

Y a-t-il un traitement efficace pour les enfants souffrants d’amblyopie ?

Le traitement de l’amblyopie est très différent en raison du type de la pathologie. Par exemple, si un enfant est atteint de toxoplasmose congénitale qui a touché la rétine centrale, la récupération serait très difficile. Par contre, si c’est un problème de lunetterie plus vite on a recours au port de lunettes, plus vite l’amblyopie régresse.

Un adulte qui souffre de l’amblyopie peut-il guérir ?

À partir de l’âge de 6 ans, l’amblyopie provoque des dégâts cérébraux et le résultat sera beaucoup moins bon que si on prend en charge un enfant avant l’âge de 6 ans.
Par exemple, un adulte qui a une cataracte congénitale d’un seul côté, même si on l’opère le résultat visuel sera aléatoire, par contre si on prend en charge la pathologie avant l’âge de 6 ans, la récupération est satisfaisante.
Conclusion : s’il y a un conseil à donner c’est de prêter attention à la qualité de la vision de l’enfant parce que de cette qualité visuelle a un impact direct sur sa scolarisation.

Les parents jouent un rôle clé

Si l’amblyopie n’est pas traitée, le sujet aura pendant toute sa vie un œil dont la vision sera médiocre et ne pourra être améliorée. Les parents ont donc un rôle clé à jouer pour éviter que cela ne se produise. Seul un professionnel qualifié peut diagnostiquer l’amblyopie. Beaucoup d’enfants amblyopes ont l’air tout à fait normaux et voient bien grâce à leur autre œil. Il faut surveiller les signaux d’alarme, comme un œil qui louche, un enfant qui ferme un œil (en particulier lorsqu’il fait soleil).

Si le médecin diagnostique l’amblyopie et prescrit des lunettes ou une occlusion, il est important de suivre ses indications à la lettre, ce qui n’est pas toujours facile avec un jeune enfant, surtout s’il est intimidé à cause de ses camarades de classe qui se moquent de lui. Il faut savoir être patient parce que plus le traitement commence tôt, plus courte sera cette période difficile.

Contrairement à la croyance populaire, les bébés ne louchent pas tous à la naissance. Si le vôtre le fait et si le strabisme persiste au-delà de six mois, il faut consulter le médecin dès que possible. Il ne faut jamais attendre qu’un trouble oculaire se règle «avec l’âge», cela ne se produira probablement jamais. Si vous pensez que quelque chose ne va pas avec la vue de votre enfant, faites-le examiner. Enfin, il ne faut pas oublier que les lunettes ne constituent une aide que pour les yeux en santé… Elles peuvent parfois cacher des symptômes jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Repères

Les types d’amblyopie :

  • L’amblyopie fonctionnelle liée à un trouble d’apprentissage de cette fonction (strabisme, anisométropie ou amétropie) ;
  • L’amblyopie organique liée à une lésion organique curable ou non (défaut de transparence telle : cataracte congénitale unilatérale, anomalie cornéenne, ptôsis par exemple) ;
  • Les amblyopies mixtes qui associent les deux précédentes.

Hajjar El Haiti

Le matin – Maroc – 03/07/2012

 

 

A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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