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Assurance maladie obligatoire : 1er Colloque national sur le patient et l’assurance maladie

Assurance maladie obligatoire : 1er Colloque national sur le patient et l’assurance maladie

 

SOS Hépatites, en collaboration avec les associations Reins et AMP, organise demain à Casablanca le premier Colloque national sur le patient et l’assurance maladie. Le thème retenu par les organisateurs de cette première édition est pertinent à plus d’un titre comme il est d’actualité : «Le patient et l’AMO : acquis et perspectives».

Un tel choix vise à mettre en place les jalons d’une communication durable, sincère et fructueuse entre l’assuré et l’assureur qu’il soit du secteur public ou privé. Voilà pour le côté information. Maintenant, il est évident qu’un tel sujet ne peut laisser indifférent car il touche à ce que nous avons de plus précieux, de plus cher, à savoir notre santé. C’est pourquoi, nous espérons que cette rencontre sera l’occasion idoine pour débattre en toute franchise des acquis, des perspectives de l’AMO, mais aussi des ratés que connaît ce système.

L’AMO : un vide enfin comblé

La question de la protection sociale dans notre pays a de tous temps été au centre des préoccupations de la classe laborieuse mais aussi des décideurs, mais il faut dire qu’elle n’a pas représenté pour autant une priorité. Tout au plus, elle a été durant des décennies, et reste à ce jour, une revendication constante des différentes centrales syndicales qui le rappellent avec force à chaque occasion et en particulier le 1er Mai de chaque année.

Ceci étant, il convient de noter qu’en mettant en place l’AMO, et bientôt nous l’espérons le RAMED, le Maroc répond a une préoccupation réelle des populations. Ceci constitue une avancée et même une première qui mérite d’être saluée, comme il convient de rendre hommage aux initiateurs de cette grande avancée sans laquelle l’AMO n’aurait jamais vu le jour, à savoir le gouvernement de l’alternance et son Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, ainsi qu’aux différents experts qui ont accompagné ce grand chantier qui est un haut degré de civilisation. Pour rappel, ce système fonctionne depuis janvier 2006 et les premières prises en charge ont commencé en mars 2006.

Le problème de l’AMO réside dans sa gestion

Si cette assurance maladie obligatoire suscite autant d’intérêt, il faut avouer que son contenu n’est pas bien connu des populations et des travailleurs, en particulier en ce qui concerne les maladies prises en charge, les modalités de prise en charge, les exclusions, la prise en charge des affections de longue durée (ALD), le principe des remboursements des frais engagés, les médicaments qui sont remboursés et ceux qui ne le sont pas.

Les organismes gestionnaires de l’AMO, en l’occurrence la CNOPS et la CNSS, ne peuvent rester indifférents face à cette situation d’ignorance des travailleurs sur ce régime dont ils sont les premiers bénéficiaires, eux et les membres de leur famille. Informer celles et ceux qui en éprouvent le besoin est une responsabilité tant de la CNOPS que de la CNSS. Il ne suffit pas de mettre en place des sites pour justifier un vide réel car tous les adhérents ne maitrisent pas l’outil informatique comme il ne suffit pas d’organiser des conférences de presse pour dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
L’AMO c’est bien, mais force est de constater que sa gestion laisse à désirer. Surtout au niveau de l’accueil réservé aux adhérents, un accueil froid où se mêlent insolence et agressivité. Pour avoir un renseignement fiable, il faut user de diplomatie. Pour être reçu par un responsable, mieux vaut aller voir directement le ministre. Si par malheur vous réclamez vos droits, vous risquez une agression verbale et parfois même plus.

Le calvaire des malades

S’agissant des demandes de prise en charge, il faut s’armer de toute la patience du monde pour ne pas compliquer son mal car il faudra faire plusieurs allées et venues qui pourront durer des semaines, et parfois plus, afin que le miracle puisse se produire. Pour les maladies de longue durée, c’est un scandale car tous les malades dénoncent la lenteur maladive avec laquelle sont traités leurs dossiers. Les plus chanceux parlent de six mois pour être remboursés. Pour les autres, il faut attendre parfois un an.

Parlant des difficultés que rencontre la CNOPS, son directeur général M. Adnane soulève le problème du vieillissement de la population marocaine. Avant la mise en place de l’assurance maladie obligatoire, les retraités ne représentaient que 16% cent des personnes assurées. Ils sont aujourd’hui 22%. Mais ce que ne dit pas M. Adnane, c’est que ces mêmes personnes âgées sont celles-là mêmes qui ont contribué des décennies durant à cotiser quand elles étaient en bonne et parfaite santé sans rien demander en retour, mais quand les vicissitudes de l’âge les ont rattrapés, elles ne font que demander leurs droits et non pas une faveur.

Toujours dans le registre des égarements de la CNOPS, celle-ci prétend avoir mis en place un système permettant l’offre de meilleurs soins aux patients. De qui veut-on se moquer ? De quoi parle-t-on ? Sait on ce que «meilleurs soins aux patients» veut dire ?
Nous espérons que le débat soit fructueux, sincère, objectif et que les responsables des différentes associations (SOS Hépatites, associations Reins et AMP) qui sont les initiateurs de ce 1er colloque national sur le patient et l’assurance maladie saisiront cette occasion pour cerner la problématique de l’AMO dans sa globalité et que nous pourrons sortir de ce colloque avec des recommandations qui serviront notre système d’assurance maladie et partant l’ensemble de notre population qui mérite d’être bien soignée dans des structures adaptées avec des personnels qualifiés.

Prendront part a cette rencontre les représentants de ministères, d’organismes de remboursement, de professionnels de santé, d’entreprises du médicament, de médias, de chercheurs, d’institutions, d’associations de patients et de malades. Une telle participation ne manquera certainement pas d’enrichir les débats sur les divers sujets figurant au programme, portant notamment sur le RAMED, le tiers payant et les perspectives d’avenir de l’AMO.

Al bayane                                                                                

 

 

 

 

A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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