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Les opticiens voient rouge

Les opticiens voient rouge

La profession s’oppose au projet de loi élaboré par le ministère de la santé.

« Le projet de loi élaboré par le soin du ministère de la santé présente un véritable danger pour la profession. S’il est adopté tel quel, nous allons revenir un siècle en arrière ».
Les opticiens broient du noir. Le sombre tableau qu’ils dressent laisse présager une vive polémique.« Alors que nous réclamons depuis des années une législation moderne plus adaptée à l’évolution internationale du métier voilà qu’on veut liquider nos acquis »
Note sans colère un opticien installé à rabat. Et de s’indigner « les pouvoirs publiques, après des années de tergiversations, ont élaboré un projet de loi ou sont rassemblés 15 professions paramédicales hétéroclites dont 3 disposent d’une législation à savoir infirmier(e) sage-femme et opticien lunetier et 12 exercés sans assise juridique comme le kinésithérapeute et prothésiste dentaire. Nous ne sommes par contre le fait que de nous classer profession paramédicale, mais qu’on ne touche pas à nos acquis »

Veut-on refaire de l’opticien un simple artisan qu’il était au début du siècle ?

Que reprochent exactement les opticiens à ce nouveau texte réglementaire ?
« Ce projet de loi nous réduit à de simples exécuteurs d’ordonnances des ophtalmologue » résume-t-il. Et de poursuivre : « les acquis de le législation issue du dahir de 1954 sont remis en cause. Le nouveau texte cantonne et restreint l’activité de l’opticien dans l’exécution de la prescription du médecin. Ainsi par exemple, il lui interdit d’intervenir directement dans certains cas comme le stipule l’article 5 du dahir du 04 octobre 1954 ». L’opticien lunetier ne peut ainsi délivrer aucun article sans prescription médicale lorsqu’il s’agit d’un patient de moins de 16 ans et dans le cas d’une acuité inferieure ou égale à 6/10 après correction, ou d’une amétropie forte ou encore d’une presbytie en discordance avec l’âge. «  Le nouveau texte suspend à l’opticien son droit de jouer son propre rôle dans l’identification des besoins du patient et de la délivrance de l’appareillage adéquat à son état visuel, ce qui va à l’encontre des dispositions de l’article susmentionné », renchérit un autre opticien de Casablanca.

Que revendiquent les opticiens lunettiers ? «  le droit de réaliser des examens de vue appelés les réfractions » , réclament les contestataires qui tiennent à souligner que le mesure de l’acuité visuelle effectué chez l’opticien gratuitement n’est pas une substitution au rôle du médecin mais plutôt un « palliatif et rend bien des services à une population qui y trouve en cas de besoin ou d’urgence une solution de proximité ». Les opticiens en veulent pour preuve le déficit en ressource médicales dans la spécialité ophtalmologie.

Selon les dernières statistiques  officielles, le nombre d’ophtalmologues exerçant dans les établissements publiques ne dépasse pas les 267 médecins dont 80% couvrent l’axe Kenitra-rabat-Casablanca. Alors que celui des spécialistes pratiquant leur activité dans le secteur privé est de 329 personnes.
Certaines régions souffrent d’un manque criant d’ophtalmologues. Quel recours pour cette population ? S’interrogent les professionnels.

Par ailleurs, les opticiens dénoncent  leur mise à l’écart dans l’élaboration de ce nouveau texte réglementaire. « On ne nous a pas consultés pour émettre  notre avis sue le contenu de la loi qui si elle voit le jour, elle pourrait avoir des conséquences non négligeables » mettent en garde les professionnels.
Ces derniers s’inquiètent pour leur avenir et s’interrogent sur la valeur de leurs études. « A qui servent les dizaines d’institutions supérieures privées qui assurent la formation de centaines de candidats, sans oublier le faculté des sciences Semlaliya de Marrakech qui délivre la licence en optique optométrie, pendant trois ou quatre ans ? Veut-on refaire de l’opticien le simple artisan qu’il était au début du siècle dernier ? ».

Dahir de 1954, une réglementation désuète

La profession d’opticien lunetier est régie par une réglementation élaborée bien avant l’indépendance. Il s’agit du dahir du 4 Octobre 1954 réglementant la profession d’opticien lunetier détaillant. Ce texte est resté figé depuis lors, bien que la législation française de laquelle on a puisé les différentes prescriptions, a connu plusieurs modifications.
Les opticiens reprochent à ce « vieux » texte qu’il jugent désuet, d’innombrables lacunes dont l’inexistence de la notion d’équivalence pour les diplômes étranger, l’absence d’organe professionnel de control de l’accès à la profession et de structure chargé de l’inspection des cabinets d’optique ainsi que l’inexistence de normes d’ouverture de cabinet.
Selon les professionnels cette réglementation n’indique même pas le diplôme  ouvrant le droit d’exercer la profession. « Cette législation désuète, ne répond pas à la pratique quotidienne puisqu’elle est en conflit d’une part avec la réalité internationale et d’autre part avec l’évolution de l’enseignement de l’optique » déplorent les opticiens.

Le soir du 09/02/2010

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Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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