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Opticiens, dentistes & co : la même plaie

Opticiens, dentistes & co : la même plaie

 

Dans la famille charlatans, on ne trouve pas que des médecins. Des pseudo-dentistes, opticiens, circonciseurs ou encore pharmaciens-herboristes jouent  à fond, la fausse carte médicale.

Les deux premières catégories ont tout particulièrement pignon sur rue. Les seules statistiques disponibles sur le nombre de faux dentistes datent d’il y a presque 10 ans. Ils étaient déjà à l’époque plus de 5000 à exercer en toute illégalité, selon le ministère de la Santé. «Aujourd’hui, ils sont au moins deux à trois fois plus», estime Rachid Benjelloun, le président de la Fédération nationale des syndicats de chirurgiens-dentistes.

Il faut dire que les autorités ne se pressent pas pour mettre un frein à l’expansion de ces arracheurs de dents que l’on trouve installés dans les souks et les quartiers populaires mais aussi dans des cabinets high-tech qui ressemblent à s’y méprendre à ceux des professionnels diplômés. «Lors de réunions officielles de travail, on nous explique que si l’Etat s’attaquait au phénomène, cela ferait perdre leurs emplois à des milliers de personnes qui se sont, elles aussi, improvisées dentistes pour combler un manque.C’est aberrant», s’insurge Rachid Benjelloun. Forte de 3200 dentistes dûment diplômés, la profession martèle qu’elle est désormais suffisamment nombreuse pour répondre à la demande.

Et énumère les risques que la pratique des soins dentaires par des amateurs fait courir aux patients. Transmission d’hépatites, du Sida, traumatismes maxillaires et infections en tous genres : la liste est longue et inquiétante. Mais apparemment pas suffisante pour faire bouger les autorités. Même inertie du côté de la cause des opticiens. Eux aussi voient leur profession investie par ceux qu’ils appellent des «bricoleurs».

Si l’on peut comprendre l’indulgence dont ces derniers bénéficiaient quand le nombre d’opticiens qualifiés marocains se comptaient sur les doigts de la main, à la fin du Protectorat, elle est beaucoup plus difficile à comprendre aujourd’hui. Cinq écoles forment en effet des professionnels au Maroc depuis une dizaine d’années et quelque 1650 vrais opticiens peuvent aujourd’hui afficher leur diplôme. Et, là encore, laisser des amateurs exercer en toute impunité est loin d’être sans danger.

«Un opticien n’est pas uniquement un revendeur de lunettes , rappelle Hasna Hamadi, la présidente du Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc. Il détermine quelles montures sont adaptées à la correction des verres et à l’âge du patient.

Il a surtout le savoir-faire, contrairement à un charlatan, pour calculer la position des pupilles du patient et centrer ses verres en fonction. Ce qui est primordial, si l’on ne veut pas que les lunettes servent à rien ou, pire, fassent diminuer l’acuité du patient». Mais le message a bien du mal à passer.

Les autorités continuent à donner des autorisations d’ouverture de boutiques à des non-opticiens. Sur le papier, ces documents ne permettent de vendre et de réparer que des montures et pas les verres. Dans les faits, ils se transforment pour les bricoleurs du dimanche en sauf-conduits pour faire en toute impunité le travail de vrais opticiens.

Le journal

 

 

 

 

A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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