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10 ans
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Péripéties d’un opticien Marocain

Péripéties d’un opticien Marocain: Le crédit

Cette année, mon crédit jeune promoteur et moi nous nous disons adieu. Après 10 ans de vie en commun, est venu le temps pour moi de finir avec une des principales causes de mes insomnies. Enfin…

C’est qu’il ne risque pas de me manquer celui là. 10 ans, où je n’ai eu que l’impression de faire du sur place. Franchement. Si mon expérience personnel vis-à-vis d’une première installation a inclue la case crédit, je me rappelle bien qu’au début, mon autofinancement avait dépassé de très loin la somme que j’avais demandé pour compléter l’achat de mon équipement. Mon crédit m’avait plutôt servit à acheter une semi-automate, une meuleuse, une rainureuse, des outils…

10 ans plus tard, j’ai l’impression que le prix que j’y ai mis était cher payé. Surtout avec le modique taux d’intérêt de 8,75%. En cas de non-remboursement le faite que je sois pris en charge en majeur partie par la CCG, n’a pas empêché que la banque demande le nantissement sur tout ce qui bouge (et surtout qui ne bouge pas).

Depuis ce mémorable jour de première ouverture il s’en est passé des choses dans le métier. Que ce soit au Maroc ou ailleurs, ces dernières années ont vu évoluer la profession aux pas d’un Tango. Un pas en avant, deux en arrière.

Je ne sais pas quel conditions sont proposés actuellement pour les collègues qui veulent sauter le pas d’une installation, mais je serai surpris qu’on demande encore 8,75% d’intérêt, surtout à un jeune promoteur.

Et pourtant, prendre un crédit bancaire pour financer son installation se trouve souvent être l’unique option pour pouvoir s’installer « correctement ». Avec les crises qui se suivent, avec le nombre assez important de faillites et de magasins en difficultés on peut comprendre la frilosité des banques.

Ce qui est surprenant en revanche, c’est que ces mêmes établissements, n’hésitent pas à octroyer facilement des crédits à la consommation à la même personne à
laquelle on refusera un crédit à l’entreprise…

C’est normal vous dira t’on. Ce n’est pas la même chose. Quelle garantie a la banque que le magasin en question va réussir à tirer son épingle du jeu ? Avec toutes ces associations qui font leurs razzias « pour contribuer au développement humain », ces pseudo-opticiens-qui-vous-remplissent-ce-que-vous-voulez-dans-votre-mutuelle fleurissant un peu partout et ces centaines de milliers de lunettes ‘bon marché’ qui inondent les étalages, c’est pas évident justement… à défaut de tirer son épingle du jeu, on finit plutôt par tirer sa révérence.

Alors en attendant de meilleurs jours, où la loi n’impliquera pas uniquement des devoirs pratiques quand les droits ne sont le plus souvent que théoriques, en attendant que le métier rattrape éthiquement les progrès qu’il a fait techniquement, en attendant que les banques et organismes de crédits saisissent l’intérêt d’encourager les porteurs de projets et de les soutenir dans leurs volonté de créer du travail et de la valeur. En attendant : Un pas en avant, deux en arrière…

Par: Oussama Abaouss

Source: numéro 27 de la revue marocoptic.com

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A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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