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10 ans
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Salim Benchekroun: un opticien engagé

Salim Benchekroun: un opticien engagé

Installé  à Fès depuis 1998, Salim Bencherkroun est connu dans tout le milieu professionnel comme étant l’un des opticiens les plus engagés, et un fervent défenseur des intérêts de la profession, l’optique pour lui n’est pas juste un métier mais une passion, être opticien à ses yeux est avant tout un honneur qui doit être apprécié à sa juste valeur ; Voici l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder :

Pourquoi avez-vous choisis le métier d’opticien ?
Au fait, au début j’avais opté pour des études en pharmacie, en première année je me suis rendu compte que je n’étais pas assez motivé par ce choix, j’ai alors abandonné  la pharmacie pour l’optique, et j’avoue que j’ai été très vite séduit par ce noble métier, j’ai trouvé un énorme plaisir à l’étudier.
Comment avez-vous vécu le passage des études à la vie professionnelle ?
il y’a un énorme écart entre la formation et la vie pratique, cependant j’ai eu la chance de passer mon stage chez l’un des opticiens les plus compétents du Maroc, en effet M. Firass a été un exemple et une référence pour moi, il m’a appris tout ce que je devais savoir pour exercer mon métier , et aussi à aimer et à valoriser la profession.
Cette période de stage a laissé en moi un très bon souvenir, je profite de cette occasion pour remercier chaleureusement M.Firass et son équipe.

A-t-il été facile pour vous de vous installer ?
En 1997 j’ai commencé la prospection,  il était très difficile de trouver un local au centre-ville ou dans les grands axes, le financement était aussi un gros problème, surtout qu’un magasin d’optique demande de gros investissements en matériel, en marchandise et agencements, j’avoue que sans l’aide familiale de n’aurai jamais pu y arriver !

Comment le marché de l’optique a-t-il évolué depuis votre installation et  Que penser vous de la situation de l’optique au Maroc en général e et à Fès en particulier ?
Entre 1998 et 2002 j’ai personnellement vécu une bonne période, la profession était relativement en bonne santé, j’ai exercé mon métier dans des conditions acceptables, je me sentais valorisé entant qu’opticien.

À mon avis le déclin de l’optique a commencé à Partir de 2003, et ce fut malheureusement très rapide, en prenant un peu de recul on constate qu’en 10 ans la situation de notre profession s’est dégradée de façon fulgurante, à croire que cet état des choses
st volontaire de la part de personnes qui veulent détruire cette profession, cependant je n’exclue pas notre responsabilité entant qu’opticiens.

Quant à la situation à Fès je peux sans exagérer la qualifier de catastrophique,  en dix ans le nombre d’opticiens a plus que doublé, entre 2000 et 2003 on est passé de 40 à 50 opticiens, entre 2007 et 2008 à 96 opticiens, 102 opticiens en janvier 2013.

Un si grand nombre d’ouvertures en peu de temps a donné lieu à une grande anarchie, les prix ont commencé à chuter de manière incroyable, une concurrence déloyale a commencé à s’installer sans aucun sens de l’éthique, la profession d’opticien a commencé à perdre son éclat.

 

Savez-vous qu’entre 2001 et 2012 il y a eu 21 fermetures de magasins appartenant à des opticiens diplômés en France et en Belgique à cause de cette situation, certains d’entre eux n’ont pas pu faire face à cette concurrence sauvage, d’autres ont été incapables de rembourser leurs crédits.

Cette situation a poussé certains opticiens peu soucieux de la déontologie à entreprendre des actions et des initiatives en totale contradiction avec l’éthique allants même jusqu’à violer la loi, je vous rappelle que la totalité des associations de voyous sont sortis de la ville de Fès, proliférant partout dans le royaume.
Je ne peux pas imaginer entant qu’opticien qu’un « opticien »  puisse louer son diplôme, au-delà du caractère illégal, je ne comprends pas comment peut-on dévaloriser ainsi sa propre profession.

Comment y remédier selon vous?
Déjà appliquer la loi existante, même si le Dahir de 1954 n’est plus adapté à la situation actuelle, si il est respecté nous n’en serions  pas là aujourd’hui. Le problème de notre profession est que la loi qui la règlemente n’est pas respectée et les autorités compétentes ne font rien dans ce sens.
En attendant la prochaine loi, je pense que l’ordre des opticiens est la seule et unique solution, notre destin sera entre nos mains, la délégation des pouvoirs du secrétariat général du gouvernement à l’ordre des opticiens permettra à notre profession de s’organiser par elle-même, son pouvoir de sanction dissuadera tous ceux qui voudront lui porter atteinte, nous règleront nous-même nos problèmes sans être à la merci des différents intervenants.

Organiser des journées de sensibilisation pour les opticiens, l’éthique et la déontologie doivent être au centre de nos préoccupations, valoriser notre profession doit être une priorité, chaque opticien et opticienne doivent respecter une règle de conduite, sans oublier le sens de l’union et de la solidarité, nous ne pouvons protéger notre profession  si on est désunis.
La création d’un comité national des sages composé d’anciens opticiens est une chose primordiale à mon avis, par leur expérience ils contribueront efficacement à trouver des solutions aux problèmes de la profession.

Quant à la contrefaçon et les verres de mauvaise qualité qui envahissent notre pays, il est temps de mettre un terme à ce fléau qui menace gravement la santé visuelle de nos citoyens, en mettant en place des normes de qualité en collaboration avec les autorités compétentes, le ministère de la santé et l’administration des douanes, il est essentiel que les professionnels de l’optique soient impliqués dans l’évaluation de la qualité de ces produits.
Sensibiliser les citoyens est aussi primordial, notamment par le biais des medias : télévision, radio, journaux et campagnes d’affichages, le ministère de la santé à un grand rôle à jouer dans ce sens, ainsi que les fournisseurs qui peuvent aussi contribuer à ces campagnes de sensibilisation.

Revenons à Fès, que font les opticiens pour changer la situation ?
On n’est pas restés les bras croisés, la création de l’association des opticiens autorisés des Fès Boulmane dont je suis le président a contribué grandement à la défense de la profession, nous avons pu réaliser beaucoup de choses, il est claire que le travail à accomplir reste énorme, mais nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens que nous avons.

 

Et le Syndicat ?
N’oublions pas que le fondateur du Syndicat des opticiens Monsieur  EL GHAMMAZ BERRADA est un opticien de Fès, je saisis cette occasion pour lui rendre hommage.

Nous avons toujours travaillé en harmonie avec le Syndicat régional de Fès, nous avons accomplis de merveilleuses choses ensemble, en effet nous avons pu stopper les campagnes d’associations de voyous à Fès et sa région, une circulaire de Monsieur le Wali a interdit ce genre d’activités, une note similaire du délégué régional de la santé a été émise aussi dans ce sens.
Malheureusement le bureau du syndicat régional a  dû arrêter ses activités à causes de problèmes internes. Cependant des négociations sont en cours pour créer un nouveau bureau dans les semaines à venir. Je remercie chaleureusement tous les membres de l’association des opticiens autorisés de la région Fès Boulmane et le syndicat régional des opticiens de Fès Boulmane.
Nous travaillerons tous avec tous nos confrères du royaume pour un meilleur avenir, valoriser notre profession et redorer son blason doit être au centre de nos priorités.

Je ne remercierai jamais assez tous les opticiens et opticiennes qui ont servi cette profession et n’ont cessé de la défendre, souvent au détriment de leurs propres magasins, Je remercie chaleureusement tous les membres de l’association des opticiens autorisés de la région Fès Boulmane et le syndicat régional des opticiens de Fès Boulmane, ainsi que tous les membres des tous les bureaux régionaux à travers le royaume, les membres du bureau national ainsi que Monsieur Bettoula le président du syndicat national, sans oublier marocoptic.com qui contribue de façon majeure à l’amélioration des conditions de notre profession

 

Ouail Ouahi


Source : Numéro 16 de la revue marocoptic.com

 

 

A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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