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Entretien avec Mme Chahrazad, Sekkaki Présidente du syndicat régional de Fès-Boulemane

Entretien avec Mme Chahrazad, Sekkaki Présidente du syndicat régional de Fès-Boulemane

Tout d’abord Mme Sekkaki, je tiens à vous remercier pour cet entretien que vous nous accordez, comme à votre habitude vous avez toujours répondu à l’appel quand il s’agit d’informer vos confrères opticiennes et opticiens.

Je rappelle que vous nous avez déjà accordée un entretien en septembre 2014, à cette époque vous étiez à la tête de l’un des syndicats régionaux le plus actifs pour ne pas dire le plus actif, pouvez-vous nous parler du bilan de toute cette période?

Premièrement je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à la profession de l’optique au Maroc en général et à la région Fès Boulemane en particulier.

Le syndicat régional de Fès –Boulemane jouait à cette époque le rôle de locomotive en quelque sorte, nos diverses activités se comptaient par dizaines : rencontres, séminaires, étude du projet de loi 45-13, campagnes de communication et de sensibilisation, actions concrètes sur le terrain sans parler des démarches faites auprès des autorités ainsi que les initiatives pour l’organisation et la restructuration de la profession dans la région de Fès-Boulemane, émissions à la radio pour promouvoir la profession d’optique au niveau régional et national, S’ajoute à cela notre grande contribution au travail syndical au niveau national

En janvier 2015, vous avez organisé un grand sit-in à Fès, nous avons remarqué que depuis ce dernier les choses se sont dégradées de façon inattendue et inexpliquée au sein de votre bureau, entrainant du coup une stagnation presque totale de l’activité de votre syndicat, pouvez-vous nous en parler ?

De l’avis de tous, le sit-in était non seulement une initiative courageuse et exemplaire mais aussi une grande réussite en matière de mobilisation et d’organisation, il a également donné une autre image du syndicat aux yeux des autorités locales, mais malheureusement cet élan a dérangé beaucoup de personnes y compris quelques membres de notre bureau qui ont abandonné le travail syndical alors que nous étions à l’apogée de notre mouvement, cela reste inexplicable pour moi. S’ajoute à cela la politique du syndicat national qui a marginalisé la majorité des syndicats régionaux.

Quelle est la situation dans la région de Fès-Boulemane aujourd’hui ?

Le moins que l’on puisse dire de la situation de l’optique dans la région c’est qu’elle est vraiment calamiteuse, c’est l’anarchie totale: augmentation du nombre de bricoleurs, multiplication des ateliers de montage clandestins, sans parler de la concurrence déloyale tous azimuts.
Sans oublier le marasme économique qui se répercute bien entendu sur Le secteur de l’optique. On peut sans exagérer parler de l’agonie de la profession dans la région.

Quelles sont les solutions que vous préconisez ?

Aujourd’hui plus que jamais on doit opérer une réforme radicale du syndicat, on doit suivre la politique de régionalisation avancée, lancée par sa majesté le roi Mohammed VI que Dieu

l’assiste et donner naissance à un syndicat fort qui englobe les régions Fès- Meknès.
Une réorganisation du secteur est une urgence, il faut assainir ; il est temps que les autorités prennent des mesures draconiennes afin de faire respecter la loi et le Dahir qui règlemente la profession en attendant l’adoption de la loi
45-13.

 

Quels sont vos projets à moyen et à long terme ?

Pour l’instant je travaille sur un évènement qui sera une première au Maroc, Fès aura le privilège d’organiser une table ronde entre opticiens, ophtalmologistes et orthoptistes de la région. Après on organisera une rencontre entre opticiens et fournisseurs, cette dernière sera une occasion de nouer des relations solides avec tous les intervenants du secteur.

Vous avez toujours rendue hommage à l’opticienne marocaine lors d’évènements que vous avez organisé spécialement pour elle, comparez-vous continuer dans cette voie ?

Pour moi l’opticienne marocaine est une femme accomplie, premièrement elle aime sa profession et n’hésite pas un instant à monter au front pour la défendre, sans parler de son dévouement dans son magasin afin d’accomplir son travail de façon exemplaire au service de ses concitoyens. Elle évolue souvent dans un marché difficile qui ne lui facilite pas la tâche. Je tiens ici à rendre hommage à toutes mes collègues et amies opticiennes de toutes les régions du Maroc.

Lors de nos événements, nous allons perpétuer cette habitude en rendant hommage aux femmes praticiennes du domaine.
Pouvez-vous nous perler des difficultés spécifiques que vivent les opticiennes ?

À mon avis il n’y a pas de différence entre le quotidien d’une ou d’un opticien, nous vivons tous les mêmes conditions, néanmoins il est clair que l’opticienne en général à d’autres responsabilités toutes aussi importantes quand elle a un foyer et des enfants, il n’est pas toujours facile pour elle d’être au four et au moulin comme on dit, mais l’endurance et la patience de nos super mamans opticiennes finit toujours par prendre le dessus.

Comment avez-vous malgré ces difficultés réussi à vous engager aussi dans le travail syndical, sachant que ce dernier demande beaucoup de temps et un immense sacrifice ?

Ma seule difficulté est de trouver le temps pour ma famille, le magasin et le travail syndical.
Il m’arrive souvent de sacrifier le temps consacré à mon foyer et à ma famille et même au travail à cause des déplacements hors de Fès. Mais je trouve toujours la force et la motivation dans l’amour de ma profession dont j’ai l’obligation morale et éthique de la défendre à l’instar de mes collègues hommes et femmes qui comme moi font des sacrifices énormes.

Ces deux dernières années ont été très mouvementées, principalement à cause des projets de loi 45.13 et 109.12, aujourd’hui, beaucoup d’opticiens restent dans le flou du fait du manque d’information sur l’évolution de ces dossier, avez-vous des éléments de réponse à nous apporter ?

Je tiens à remercier les médecins, les pharmaciens, les dentistes, les biologistes et les opticiens de la région Fès Boulemane qui ont créé une coordination des professionnels de santé, noyau d’une coordination nationale qui a bataillé durement pour barrer la route à ceux qui veulent nuire à nos professions respectives sans se soucier de la santé de nos citoyens en détournant projet de loi 109.12, mais grâce à toutes les bonnes volontés ce dernier a vu le jour comme nous le souhaitions.

Quant au projet de loi 145.13, il est sur le bureau du président national et ses proches collaborateurs. Malheureusement je ne suis pas en mesure de vous en parler parce qu’il n y’a tout simplement aucune communication sur l’avancement de ce dossier.

Aujourd’hui, quel message voudriez-vous passer aux opticiens marocains et à ceux de la région de Fès-Boulemane en particulier ?

Être opticien, ce n’est pas simplement vendre un équipement. C’est un art, l’optique est également une profession de conseils, d’orientation et d’accompagnement, il est essentiel de ne pas perdre de vue qu’on touche à un organe important du corps humain, la fenêtre sur le monde extérieur.

Avant tout, l’opticien doit faire prévaloir sa dimension humaine car il est investi d’une noble mission.

Enfin je tiens à leur dire que seule l’union et la cohésion peut nous sortir de cet état de délabrement dans lequel se trouve notre profession, ma main est et sera toujours tendue aux gens de bonnes volontés.

A propos de l'auteur

Directeur de Media optique (marocoptic.com)

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